Semis en contenants
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Article écrit par Joseph Chauffrey pour Mon Jardin En Permaculture

Contrairement aux semis de pleine terre, réalisés à même le sol du potager, les semis en contenants (par exemple en pot) démarrent leur croissance  « hors sol » et nécessitent alors une étape de repiquage. 

Les contenants peuvent être de différentes sortes :

1) Les plaques de culture :

Ce sont des plaques en plastique constituées d’alvéoles de quelques cm de profondeur.
C'est certainement la méthode la plus efficace pour les semis en contenants. La petitesse des alvéoles limite la consommation de terreau et leur profondeur favorise l’enracinement des plantules. Un point essentiel à vérifier lors de l’achat est la taille du trou sous l’alvéole qui doit permettre le passage d’un doigt pour faciliter le démoulage des mottes (voir la photo).
Les plaques de bonne qualité sont parfois vendues avec une  « plaque de démoulage » adaptée, mais souvent onéreuse et peu pratique lorsqu’il s’agit de ne démouler que quelques mottes sur la plaque.
Vous trouverez des plaques de culture de bonne qualité sur ce site Internet par exemple : plaque de culture

Le modèle à 104 alvéoles (alvéoles de profondeur 46 mm et diamètre 30 mm) est idéal pour la majorité des semis. La plaque étant très grande, il peut être pratique de la recouper en plusieurs morceaux.

2) Les godets plastiques 

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Les godets plastiques sont économiques mais leur contenance importante nécessite de grandes quantités de terreau.
Le godet ne se justifie que pour les semis de grosses graines ou lorsque la plantule est amenée à patienter longtemps avant le repiquage. Dans ce cas, choisir des godets d’au moins 8 cm de hauteur.

2) Les grands pots

C'est une technique utilisée par Gilbert Cardon dans son jardin des Fraternités Ouvrières, cultivé en permaculture depuis 40 ans.
Les pots percés de trous dans le fond sont placés sur des bacs remplis d'eau et l'eau remonte par capillarité jusqu'aux plantules.

3) Les terrines (ou bacs)

Caisses en bois ou plastique, d’environ 15 cm de profondeur et percées de trous pour le drainage. Elles permettent un gain de place mais cette pratique nécessite de repiquer les plantules à racines nues, opération plus fastidieuse que le repiquage de mottes en raison parfois de la nécessité d’effectuer un pralinage des racines et d’habiller les plants (c’est à dire supprimer environ 1/3 de leur feuillage)...

Voir les vidéos de Sikana.

4) Les contenants "maison"


Crédit photo : Rustica

Pots de yaourt, boites à œufs… d’innombrables possibilités plus ou moins pratiques. La faible profondeur peut être un problème pour la croissance des racines.

5) Le presse-mottes

Le jardinier aura également le choix de se passer de contenant en utilisant un « presse mottes ».
Les mottes sont des cubes de terreau pressés par un outil. Il suffit ensuite de disposer les mottes sur un plateau et d’y effectuer les semis.
Cette technique supprime l’étape de démoulage mais nécessite un terreau spécial.
Par ailleurs, les mottes se dessèchent plus vite que dans des alvéoles plastiques.
Différents modèles existent, de 1 à 8 mottes généralement, que l'on peut trouver ici par exemple : presse mini-mottes

Arrosage

Pour l’arrosage des plaques de culture ou des godets, il convient de les placer sur un plateau et de le remplir d’eau. Attendre que l’eau remonte par capillarité jusqu’en haut de la motte, puis vider l’excès d’eau.
L’arrosage peut éventuellement s’effectuer par aspersion de la motte en surface, mais il faut alors être vigilant à ne pas déplacer les graines fraîchement semées.

Avantages et inconvénients des semis en contenants

1) Les avantages. Les semis en contenants permettent :

  • d'allonger la saison de culture : Les semis peuvent être démarrés au chaud dès février, à une période ou les semis en pleine terre seraient impossibles.
  • d'accélérer les rotations au potager : Les semis sont réalisés alors que les cultures en place terminent leur croissance. Ce sont ainsi plusieurs semaines de production qui peuvent être gagnées chaque année.
  • de contrôler les conditions de germination et de croissance. Il est plus facile de surveiller quotidiennement ses semis réunis en un même lieu que dispersés au jardin.
  • de supprimer les attaques de ravageurs sur les plantules. Limaces, chenilles, dégâts des chats…
  • de densifier les cultures : seuls les plus beaux plants sont repiqués et les alvéoles non germées sont écartées.
  • de conserver le paillage permanent au potager. Les jeunes plants peuvent être facilement repiqués au travers du épais paillage alors que le semi direct est difficile à réaliser dans ces conditions.
  • de devancer les « mauvaises herbes ». Repiqués au stade 4 feuilles, les jeunes plants auront environ 1 mois d’avance sur les « mauvaises herbes » voisines.

2) Les inconvénients

  • Cette technique de semis n’est en revanche pas pertinente pour les carottes (qui ne peuvent développer correctement leur racine) ainsi que pour les radis, pois et haricots pour lesquels l’étape de repiquage deviendrait fastidieuse (les premiers semis de pois peuvent néanmoins être réalisés en godet en tout début de saison, si la terre n’est pas encore suffisamment réchauffée et ressuyée).
  • Cette technique est plus chronophage que les semis en pleine terre. A l’étape du semis s’ajoute en effet celle du repiquage.

3) En conclusion 

Malgré tout, la qualité des récoltes obtenues avec des semis en contenants en vaut souvent la peine.

Les semis réalisés en contenants y restent en général 20 à 30 jours, avant d'être repiqués.