Permaculture de David Holmgren
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Ceci est une synthèse rapide du livre Permaculture de David Holmgren, qui définit 12 principes pour la Permaculture :

​1. Observer et interagir

Observer d'abord attentivement la nature, la végétation qui y pousse spontanément, les différents secteurs (ensoleillement, pluie, vent...)...
Interagir ensuite et observer ce qui se passe.

2. Capter et stocker l’energie

Rappel de ce qu'est la photosynthèse : CO2 + eau + énergie solaire = glucides + oxygène
Produit par la photosynthèse des plantes, le carbone organique fournit les éléments chimiques constitutifs de la vie (il est considéré comme une énergie, par exemple le bois pour se chauffer, mais également le véritable carburant des êtres humains, le « moteur de la vie »)
On ne soulignera jamais assez l’importance des matières végétales riches en carbone dans la satisfaction directe des besoins humains à venir.
Il est possible d’obtenir des réserves en carbone tout aussi précieuses avec l’humus.

3. Obtenir une production

  1. La loi du maximum de puissance (moteur qui tourne à vide : 0%, moteur presque sur le point de caler : 0%). Le maximum de puissance est entre les deux :
    - Consommer pour consommer, le moteur tourne à vide
    - Ne produire aucun déchet, le moteur est sur le point de caler
    - Il faut essayer de travailler le plus utilement possible
  2. La rétroaction positive (exemple : le rôle du permafrost dans le réchauffement climatique)
  3. Les espèces vivaces (qui restent en vie plusieurs années) sont importantes (fixation d’azote par exemple)
  4. Accroitre la fertilité du sol (les cultures vivrières et notamment les légumes en dépendent fortement)
  5. L’effet rebond : les économies d’énergies réalisées sont souvent utilisés pour d’autres usages.

4. Accepter l’autorégulation et accepter la rétroaction

5. Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables

6. Ne produire aucun déchet

  1. Les 5 R :
    Refuser : décider de ne pas consommer quand ce n’est pas nécessaire
    Réduire : limiter au maximum les matières et l’énergie nécessaires à la consommation, consommer moins fréquemment
    Réutiliser : réemployer, pour le même usage ou un usage plus pertinent
    Réparer : utiliser des compétences et une quantité très limitée de ressources supplémentaires pour restaurer une fonction
    Recycler
  2. De l’importance de l’entretien, de la maintenance. Une mauvaise maintenance conduit à du gâchis, un entretien différé (au lieu de régulier), entraîne un déclin des attributs ou des fonctions du système
  3. Nous devons accepter notre responsabilité dans les fléaux que nous inflige l’environnement, apprendre à considérer les végétaux et animaux "nuisibles" comme des sources potentielles et inédites de satisfactions de nos besoins.

7. La conception, des motifs au détail

  1. La conception d’un site permaculturel

    A) La conception cellulaire d’un site
    a. Une taille limitée pour être efficace
    b. L’habitation au centre (noyau de la cellule)
    c. Recréer des communautés (éco-village) car la famille est trop petite pour satisfaire aux exigences d’un mode de vie écologique

    B) Zones, secteurs et pentes
    a. Près du centre, l’utilisation de la terre est plus efficace et plus intensive. A mesure que l’on s’éloigne, on doit employer de plus en plus d’éléments autosuffisants, qui exigent peu de nous et produisent généralement moins.
    b. Le piège classique est de viser trop haut. Lorsque l’on étend ses activités trop loin et trop rapidement, on gaspille son énergie. Il vaut mieux un petit potager mais très productif.

    C) Zones et échelles
    a. Jardins intensifs : entre 10m2 et 1000m2
    b. Vergers et jardins extensifs : entre 500m2 et 1ha
    c. Cultures de plain champ, pâturages ensemencés et forêts plantées : entre 5000m2 et 100 ha
    d. Une échelle optimale permet d’atteindre une productivité, une stabilité et une simplicité de gestion maximale.

    D) Les secteurs
    le secteur du soleil, le secteur du vent, le secteur de la pluie

    E) Les pentes
    Il vaut mieux que l’accès principal d’un site soit situé en haut de la pente
    On peut réduire l’érosion en construisant des terrasses, des baissières et des voies d’accès qui suivent les courbes de niveau car ces structures ralentissent le mouvement de l’eau et du sol vers le bas de la pente.
     
  2. Les concepts liés aux bassins versants
    La méthode des contours vise à ralentir le flux de l’eau et des substances nutritives pour leur faire traverser le sol et les végétaux autant de fois que possible.
  3. Les stratégies permaculturelles insistent sur les avantages des pentes.

8. Intégrer au lieu de séparer

Chaque élément remplit plusieurs fonctions.
   Par exemple, la poule pond des oeufs mais mange aussi des limaces, produit de l'engrais et peut chauffer une serre.
   La haie protège du vent mais sert aussi d'abri pour la faune et peut être en partie comestible.

Chaque fonction importante est assurée par plusieurs éléments.
   Par exemple, la fonction "se nourrir" est assurée par la culture du potager, du verger, par le jardin-forêt, par les poules...
   On ne met pas tous ses oeufs dans le même panier.   

Notre culture nous prédispose à compter sur la prédation et sur la compétition plus que sur la coopération et la symbiose, dans la nature comme dans la société
Les relations coopératives et symbiotiques s’adapteront pourtant mieux au déclin énergétique qui nous attend. Comme exemple de relation symbiotique, les bactéries fixatrices d'azote sur les racines des légumineuses, qui jouent un rôle essentiel dans l'agriculture biologiques à faibles intrants.
Prédation (les coccinelles mangent les pucerons) et Symbiose permettent une intégration maximale.
Notre vision mécaniste et erronée du monde nous conduit à toujours penser que les éléments d’un système sont simples et ne remplissent qu’une seule fonction. Dans la nature, la multifonctionnalité est la norme. Le tronc et les branches d'un arbre soutiennent les feuilles pour qu'elles absorbent plus efficacement l'energie solaire. L'aubier achemine l'eau et les substances nutritives vers la canopée, et les glucides vers les racines.
L'erreur de la production maximale. Une sorte de "monoculture" de l'esprit. L'absence d'intérêt pour les productions ou les avantages secondaires au profit de leurs équivalents primaires, notamment chez les agriculteurs, est une réaction naturelle face à la disponibilité de l'énergie. Ce comportement, qui délaisse une partie de la production et des atouts d'une plante ou d'un animal, entraîne plus de travail et de pollution. Il faut réévaluer les multiples productions et fonctions des plantes, animaux, bâtiments, infrastructures et activités humaines pour concevoir et rétablir des liens bénéfiques entre tous ces éléments.

La ségrégation dans le jardin : en espaçant largement les légumes, les jardiniers conventionnels cherchent à éviter toute compétition pour l'eau, le rayonnement solaire et les substances nutritives entre les plantes. Ces efforts, destinés à lutter  contre la compétition par la ségrégation, simplifient nos systèmes sur le plan biologique. Mais, ce faisant, ils créent d'autres problèmes, en stoppant par exemple les services environnementaux gratuits qui entretiennent la fertilité du sol et contrôlent les nuisibles et les maladies.

Coopération et intégration :

Compagnonnage entre légumes et herbes aromatiques. Les plantes peuvent avoir des effets bénéfiques les unes avec les autres. Les guildes identifient des groupes de plantes et même d’animaux qui bénéficient les uns aux autres.
Ce qui semble fonctionner dans un environnement et sur un sol donnés peut échouer ailleurs.

L’idée selon laquelle il serait possible de continuer à vivre isolés les uns des autres dans un avenir soutenable est une illusion, entretenue par la technosphère. Croire que la technologie et l’intelligence humaine suffiront à résoudre les problèmes environnementaux est un véritable obstacle à l’élaboration d’un monde soutenable.

9. Utiliser des solutions lentes et à petite échelle

  1. Maximes associées :
    - Plus on est grand, plus dure sera la chute
    - Rien ne sert de courir, il faut partir à point
     
  2. L’échelle permaculturelle
    Le regroupement des plantes sur de petites surfaces, pour utiliser au mieux le sol, l’eau et le rayonnement solaire
    Les bâtiments polyvalents et les aménagements intégrés de terres, qui permettent de regrouper davantage de fonctions sur moins d'espace
    La production de denrées périssables dans les jardins potagers voisins des habitations
    Les schémas d’habitation prévoyant une faible ou moyenne densité de population dans les villages et les hameaux
    Les systèmes économiques locaux comme les SEL
    Les déplacements à bicyclette
     
  3. Lenteur et échelle réduite à Melliodora (domicile de David Holmgren)
    - Production sur place d’une grande partie de la nourriture et achat en gros, ce qui réduit les "kilomètres - aliments » et la vitesse (les denrées périssables acheminées sur de longues distances nécessitent un transport rapide
    - Utilisation des énergies locales en grande partie captées sur notre propriété (solaire passif et bois), vs. énergies gazières et électriques centralisées
    - Accouchement et instruction à domicile pour franchir certaines étapes de la vie sans avoir à recourir aux institutions médicales et scolaires, imposantes et centralisées
    - Travailler de chez soi et travailler sur le local et le régional plutôt que le national et l’international, ce qui réduit les déplacements rapides sur de longues distances
    - Les déplacements à l’étranger et sur de longues distances sont réservés aux séjours longs et aux objectifs multiples
    - Nous utilisons notre épargne, lentement accumulée, pour financer un développement progressif. Nous n’empruntons pas d'argent.
     
  4. Culture industrielle vs. culture soutenable
     
  5. Les contraintes éthiques relatives à la taille

10. Se servir de la diversité et la valoriser

Maxime associée : Il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier

11. Utiliser les bordures et valoriser la marge

Maxime associée : emprunter les sentiers battus ne signifie pas être sur le bon chemin

12. Face au changement, être inventif

Maxime associée : la clairvoyance, ce n’est pas voir les choses telles qu’elles sont, mais telles qu’elle seront